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Canada 2004


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Canada France 1604-2004
Canada un espace pour l'imagination
Compte-rendus des Ateliers de la Table de concertation sur la mobilité et les échanges de jeunes
Paris, le 5 février 2004

ATELIER 3
La création et l’implantation des programmes d’études binationnaux

Président: M. Benoît Bourque, Directeur, Coopération et échanges internationaux, Université de Moncton
Rapporteur: Mme. Maia Yarymowich, International Association of universities (IAU), Unesco House


La grande majorité des participants à cet atelier étaient des représentants d’établissements d’enseignement supérieur français, et les autres, des représentants d’universités ou d’organisations canadiennes. Plusieurs d’entre eux travaillent au sein des bureaux d’échanges internationaux de leurs institutions respectives.

La première partie de la discussion a été surtout axée autour des modalités de fonctionnement des programmes d’échanges déjà existants entre la France et le Canada, dont la plupart qui ont été présentés lors de cet atelier sont des programmes impliquant des établissements québécois. Le groupe a brièvement défini et identifié les différents types d’études binationales possibles, comme par exemple la “ double reconnaissance ” ou la “ co-diplômation ”, avec ou sans un cursus intégré, etc. Les participants se sont entendus sur l’idée que le type de diplômation et de cursus souhaités dépend largement du programme concerné. Ainsi, certains programmes d’études s’adaptent bien à un cursus intégré, alors que d’autres sont moins adaptables. Mais dans tous les cas, le plus important, selon quelques membres du groupe, est que les étudiants participant aux échanges aient une expérience valorisante et non “ une année perdue ”.

Dans ce même cadre, la discussion a aussi abordé des questions concernant la meilleure façon d’initier et de gérer des programmes d’études binationaux, c’est à dire soit à travers un programme établi comme celui géré par la CREPUQ (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec) ou soit en créant des accords bilatéraux entre deux établissements particuliers. Le groupe a présenté les points forts ainsi que les désavantages des deux systèmes de fonctionnement. La valeur du programme de la CREPUQ a été reconnue comme inestimable en terme de facilitation des échanges entre les universités québécoises et les établissements français (ex. au niveau de la reconnaissance des cours, des diplômes etc.).

Cependant, certaines universités préfèrent gérer les échanges indépendamment pour plus de flexibilité. Ceci dit, il est reconnu que les petites universités n’ont pas les mêmes ressources disponibles pour établir des contacts outre-mer, comme peuvent le faire les grandes universités, comme l’Université de Montréal par exemple. Le groupe est tombé d’accord sur le fait qu’il n’est pas souhaitable de créer des règlements nationaux, tant au Canada qu’en France, car ceux-ci risquent de restreindre en partie les échanges.

La deuxième partie de l’atelier a été consacrée à une discussion sur les possibilités d’élargir et d’améliorer les programmes d’études binationaux. La question du niveau d’études a également été discutée, pour déterminer le niveau d’étude auquel les échanges binationaux doivent s’effectuer en priorité – premier, deuxième ou troisième cycle ?

De plus, certains participants ont mentionné les limitations budgétaires comme un obstacle majeur à l’élargissement des programmes d’échange. L’un des participants a suggéré que, éventuellement, une partie du travail lié à la gestion administrative de tels programmes puisse être centralisée et dirigée par un réseau ou un organisme déjà existant, comme par exemple les centres d’études canadiennes qui se trouvent au sein de certaines universités françaises. Pourtant cette suggestion a été rejetée par plusieurs membres du groupe parce qu’ils croyaient que ces centres n’ont pas non plus les ressources nécessaires pour gérer correctement les échanges binationaux. En résumé, les participants ont constaté que certains programmes fonctionnent bien surtout grâce aux efforts bilatéraux de deux établissements qui mettent en place un accord particulier, et ainsi la centralisation de certains services ne résoudrait pas tous les problèmes auxquels ils doivent faire face. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les questions de co-diplômation et de double reconnaissance des diplômes.

C’est également en raison des restrictions budgétaires que plusieurs représentants participant à cet atelier ont souligné la nécessité de concentrer leurs efforts d’élargissement des études binationales à un niveau d’étude en particulier plutôt que de développer les échanges à tous les niveaux. Certains pensent que les études à l’étranger ont plus de valeur si elles sont poursuivies au cours du deuxième cycle, parce qu’en général il s’agit d’un cursus plus ciblé, alors que d’autres estiment que les étudiants au niveau du doctorat tirent davantage de bénéfices de leur séjour d’étude à l’étranger.

Certains participants ont au contraire défendu l’option d’un séjour à l’étranger durant le premier cycle, arguant que la plupart des étudiants ne vont jamais atteindre un deuxième ou troisième cycle, et ne se verront ainsi pas la possibilité de poursuivre des études au Canada (ou en France, selon le cas). L’un des participants qui partageait cette dernière opinion a en outre ajouté que les études à l’étranger de premier cycle universitaire sont plus susceptibles de créer des futurs “ citoyens internationaux ”.

Toujours dans le débat sur la façon d’améliorer les programmes d’études binationaux, quelques participants ont expliqué que leurs étudiants souhaitaient pouvoir prolonger leur séjour à l’étranger, mais dans la plupart des cas ce n’est pas possible à cause des règlements concernant les visas étudiants. Certains participants espèrent que les nouveaux accords entre la France et le Canada élargiront les possibilités en terme de type et durée d’études binationales, mais ils craignent que ceci ne se produise pas. Les étudiants aspirent, par exemple, avoir la possibilité de faire un stage après avoir fini leurs études au Canada, de combiner une expérience professionnelle avec leurs études, ou bien de suivre deux programmes d’études de suite à l’étranger. Globalement, on pourrait dire que les étudiants souhaitent avoir plus de choix, selon les participants à l’atelier.

Une dernière suggestion a fait l’unanimité, à savoir faciliter (avec un financement public?) la mobilité des administrateurs responsables des programmes d’échanges internationaux ainsi que des professeurs responsables de créer les programmes intégrés. Tous les participants reconnaissent que cette mobilité est précieuse car elle multiplie les possibilités de création de programmes et améliore les programmes existants.

Les participants à cet atelier veulent “ faire vivre ” les programmes d’échange qui existent à l’heure actuelle, tout en créant plus de possibilités pour l’avenir. Les représentants des institutions françaises aimeraient une promotion plus importante des études en France auprès les jeunes canadiens, étant donné qu’il y a toujours plus d’étudiants français qui décident de faire leurs études au Canada que vice-versa.